Suicides, Police: les forces de l'ordre vont mal

Bonsoir à toutes et à tous.

 

Dans l'indifférence générale, les suicides de policiers repartent à la hausse depuis le début de l'année. Plusieurs associations de policiers se réunissent dans des grandes villes pour mettre en avant ce phénomène plus qu'inquiétant.

 

 

Pressions, burn-out, manque de moyens et aussi le ras de bol de défendre une élite pourrie... voilà, en partie, ce qui explique l'explosion du nombre de suicides de policiers en France.

 

Je vous partage ci-dessous un article à ce sujet. Cela est à mettre en parallèle avec les manifestations de surveillants de prisons eux aussi dans la merde totale, également à mettre en parallèle avec le malaise des personnels soignants dans les hôpitaux, les suicides des agriculteurs ou encore le taux grandissant de dépressions et consommation d'anti dépresseurs dans la population française.

 

Qui sait, c'est peut-être ça cette société de progrès moral et spirituel qu'on nous vend depuis plus de 50ans. 

Source - Russia Today

 

Suicides dans les forces de l'ordre : le compteur de la honte reprend dans une relative indifférence

 

 

88 membres des forces de sécurité françaises ont choisi de se donner la mort en 2018. Depuis le 1er janvier 2019, l'épidémie de suicides repart en flèche. Pour alerter, plusieurs associations de police se rassemblent dans quatre grandes villes.

 

Entre le 1er janvier 2019 et le 11 mars, 20 membres des forces de l'ordre françaises ont choisi de se donner la mort. Faisant fi de tout clivage politique et syndical, des associations de policiers (UPNI, FFOC, Assopol, HS, Clip, MPC) et au moins un syndicat professionnel minoritaire (VIGI) ont décidé d'interpeller à nouveau les autorités sur ce phénomène ce 12 mars avec des rassemblements à Paris, Lyon, Toulouse et au Mans. Leur objectif : alerter pour mettre fin à cette épidémie en étant reçus par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

 

«On en est pratiquement à un suicide tous les trois jours. On sera à combien à la fin de l'année ? 120 ?»,

 

projette un membre du Collectif autonome des policiers d'Ile-de-France (CAP-IDF), joint au téléphone par RT France.

La page Facebook Citoyen solidaire, tenue par une personne qui n'appartient pas à la police, continue inlassablement à mettre à jour son «compteur de la honte». En 2018, tous uniformes confondus, ce compteur s'était arrêté à 88 morts par suicide, mais dès les premiers jours de la nouvelle année, il est reparti de plus belle.

 

Les plans anti-suicide concoctés, puis portés par les ministres de l'Intérieur successifs, se suivent sans parvenir à infléchir la tendance. L'un avait été lancé par Gérard Collomb au mois de juin 2018, mais du côté des policiers, dans les commissariats, le mal-être perdure et l'impression tenace que rien ne change finit par convaincre les membres des forces de l'ordre que leur problème n'intéresse pas en haut-lieu.

 

Contactée par RT France au mois de janvier 2019, la présidente de l'association Uniformes en danger, Christelle Teixeira avait estimé que les élus et le gouvernement ne faisaient pas grand cas du problème des suicides : «De toute façon, les suicides, en règle générale, on en entend très peu parler, ça doit les gêner, je suppose. Ils n'en tiennent même pas compte. Les forces de l'ordre, ils s'en foutent, c'est des pions.»

 

Signataire d'un courrier adressé à l'ensemble des députés de La République en marche et du Modem, l'associative avait eu la confirmation de la persistance de ce silence : «J'ai reçu trois réponses polies, sans aucune suite pour le moment».

 

Christelle Teixeira a réitéré cette expérience au mois de mars en rédigeant une deuxième lettre aux députés de la majorité dont RT France a obtenu une copie et dans laquelle elle déplore le peu de réponses qu'elle a reçues : «Je pourrais [les] compter sur les doigts d’une seule main… Je n’ose vous dire que ce fut perçu par nos adhérents comme une manifestation du mépris que l’on prête habituellement à votre parti et au gouvernement.»

 

Burn-out, suicides, qui pour défendre les policiers de terrain ?


Le policier du CAP-IDF déplore pour sa part un autre phénomène et met en cause des racines plus profondes du mal-être qui traverse les forces de sécurité : «Les chiffres des suicides ne montrent pas une autre réalité : celle des policiers en burn-out, des gens qui paraissaient très solides et qui partent totalement en vrille.» Et de préciser : «Les syndicats majoritaires se sont fait endormir à Beauvau au mois de décembre 2018 après une négociation avec le ministre de l'Intérieur, mais au sortir de cette réunion de crise, le secrétaire général d'Unité-SGP-FO n'a qu'un mot, un seul, au sujet des suicides, et encore, à la toute fin de son intervention médiatique.» Et depuis ? «Plus rien. On dirait un sujet tabou. C'est aussi pour ça que nous faisons ce rassemblement : nous voulons être reçus par le ministre.»

 

On en est pratiquement à un suicide tous les trois jours. On sera à combien à la fin de l'année ? 120 ?
Au-delà des sujets régulièrement mis en avant par les syndicats majoritaires, comme la faiblesse des moyens accordés aux policiers pour faire leur travail et le manque d'effectifs, l'association CAP-IDF et le syndicat minoritaire VIGI pointent plus spécifiquement les failles de la structure qui serait censée encadrer leurs collègues pris dans une spirale menant parfois au suicide. «Les médecins et les psychologues qui nous prennent en charge en cas de coup dur ne connaissent souvent rien à la police. Certains sont de très bonne composition au départ et, visiblement, ils entretiennent parfois de trop bonnes relations avec les collègues. Récemment, sur mon secteur de petite couronne parisienne, le médecin de l'administration qui s'entendait très bien avec les policiers, et qui l'appréciaient en retour, a disparu de la circulation. Pour une fois qu'on en avait un bon, ils nous l'ont changé», a ainsi déploré le fonctionnaire du CAP-IDF joint par RT France.


Alors le policier se questionne : «Peut-être qu'il est prévu de les faire tourner d'un secteur à l'autre pour éviter qu'ils ne s'attachent trop, je ne sais pas. Ce médecin avait révélé à des collègues qu'il était bloqué par l'administration à cause de ses rapports avec les collègues. A part ça, on n'a eu aucune explication. En tout cas, on doit tous aller voir le médecin de l'administration tous les trois ans et les nuiteux [policiers qui travaillent de nuit] tous les ans. Mais comme les collègues ne se sentent pas à l'aise avec ces médecins qui rendent compte à l'administration, ils ont parfois l'impression de parler à un mur. Alors, ils ont plus souvent recours à leur propre médecin de ville et ce système est toléré par l'administration. Mais du coup, les souffrances qu'ils ressentent au travail sortent du cadre professionnel et retournent dans le cadre personnel, familial... Peut-être que ça arrange l'administration de ne pas produire d'étude psychologique longitudinale. Elles sont où les vraies études psychologiques sur l'état des forces de police ?»

 

Dans un communiqué du 8 mars, le syndicat de police VIGI a pour sa part fait savoir qu'il serait aux côtés des associations le 12 mars et a également mis en cause la relation entre l'institution policière et sa «médecine statutaire» : «Notre institution détourne la discipline et la médecine statutaire pour couvrir les agissements de harcèlement et de discrimination d’une partie de notre hiérarchie.»

 

Le secrétaire général de VIGI, Alexandre Langlois, avait été convoqué à un conseil de discipline le 20 février 2019 par sa hiérarchie. Interrogé par RT France à cette occasion, il estimait que cette convocation était entre autres consécutive à sa volonté d'alerter contre les agissements d'un médecin-chef de la police nationale basé à Metz (Moselle) qui a été suspendu de ses fonctions quelques jours plus tard, le 24 février, suspecté d’au moins neuf agressions sexuelles. Alexandre Langlois affirmait se voir reprocher un «manquement au devoir de réserve».

 

Lire la suite de cet article très complet accompagné de vidéos sur le site de Russia Today

 

 

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