• Jérémy David - JC2R

L'affaire Griveaux réveille les tentations liberticides du pouvoir

Pour se protéger, et éviter que leurs odieuses pratiques ne soient découvertes, nos élites ripoublicaines pensent de plus en plus à censurer internet. Nous sommes donc arrivé au stade ultime de la dictature, celui de l'interdiction et de la répression pure et dure. Le mensonge et la propagande déversée en boucle dans les médias ne suffisent plus, il faut maintenant interdire aux esprits libres de s'informer et de diffuser leurs pensées dissidentes avant qu'il ne soit trop tard.


Big Brother arrive à grand pas, les villes prisons hyper-connectées et donc hyper-surveillées sont en construction et la police de la pensée est sur le point d'être créée. Tous les larbins du système se mobilisent pour censurer internet, en se servant de l'affaire Griveaux et de l'affaire Mila juste avant comme prétextes afin de protéger les individus des méchants anonymes qui s'attaquent à la vie privée des gens et qui les menacent de mort. La censure d'internet permettra enfin de faire taire tous ces dangereux complotistes racistes et antisémites dont les propos font vaciller la République.



Source : Marianne


Plusieurs figures du pouvoir et des éditorialistes affidés ont profité du scandale provoqué par la démission du candidat LREM à la mairie de Paris pour prôner des restrictions supplémentaires aux libertés publiques sur Internet. Sans que les mesures réclamées aient un lien avec le fond de l'affaire.

Le "centrisme autoritaire", récemment autopsié par Marianne dans un dossier, a encore frappé : au nom de la préservation de la démocratie, les partisans du gouvernement d'Emmanuel Macron ont pris l'occasion de la sordide affaire Benjamin Griveaux pour avancer des propositions… de recul tous azimuts des libertés publiques. Le pire ? Dans la plupart des cas, ces réactions, qui ont émané de membres de l'exécutif, de députés ou d'éditorialistes favorables au pouvoir, n'avaient qu'un rapport lointain avec les faits qui ont amené le candidat macroniste à la mairie de Paris à se retirer de l'élection. Passage en revue.Fin de l'anonymat sur Internet : la fausse martingale La proposition est devenu un automatisme chez ceux qui accablent "les réseaux sociaux" - sources de tous les maux - sans toutefois disposer d'une quelconque expertise en la matière : il faudrait mettre fin à l'anonymat sur Internet, réputé libérer les pires pulsions en chacun de nous. C'est ainsi que Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale, a estimé dans le Journal du dimanche : "L'anonymat est une honte. Le premier des courages est de signer, d'assumer ce que l'on dit". L'éditorialiste Alain Duhamel a renchéri sur LCP, en jugeant qu'il fallait "se battre contre l'anonymat", comparant la situation sur les réseaux sociaux à l'Occupation dans les années 1940. Abandon de Benjamin Griveaux après la publication de vidéos privées : @AlainDuhamel demande la fin de l'anonymat et "des amendes massives" en dizaines de millions d'euros.#CVR #Internet #PlateFormes Sans le savoir, ces commentaires ne s'attaquent pas à l'anonymat, qui n'existe que de façon très marginale sur Internet : sur la plupart des plateformes, c'est derrière un pseudo que certains préfèrent cacher leur identité civile, pour des motifs personnels ou professionnels. Cependant, en cas de harcèlement ou d'insultes, il est tout à fait possible d'être identifié et retrouvé grâce aux informations personnelles fournies (numéro de téléphone, adresse mail). Mettre fin au pseudonymat priverait de nombreuses personnes du droit de pouvoir dialoguer librement sur les réseaux sociaux ; pire, cela permettrait au harcèlement d'être plus ciblé, violent, voire dangereux. L'interdiction des pseudos aurait-elle empêché la diffusion des vidéos de Benjamin Griveaux ? Pas le moins du monde : l'auteur de l'article, Piotr Pavlenski, a signé son acte, ainsi que les deux principaux diffuseurs de la nouvelle sur les réseaux sociaux, Laurent Alexandre et Joachim Son-Forget.Loi Avia : les régimes autoritaires comme modèle

L'initiative exhale d'inquiétants parfums orwelliens. Au nom de la "lutte contre la haine", les députés macronistes semblent prêts à restreindre considérablement la liberté d'expression en ligne. La loi portée par Laetitia Avia propose en effet de confier aux plateformes de réseaux sociaux le soin de censurer en moins de 24 heures les propos jugés "haineux" sous peine de payer de lourdes amendes, et raccourcit ce délai à une heure pour les contenus signalés par la police. Le contrôle de la légalité de ce qui se dit sur Internet échapperait donc complètement à… la justice et aux juges, remplacés par la main des multinationales du numérique, qu'on devine tatillonne."Notre détermination [est] d'autant plus renforcée" par l'affaire Griveaux, a annoncé Laëtitia Avia, encouragée par la Licra, qui a tancé les parlementaires ayant "encore des pudeurs de gazelle à l'idée de fermer ce robinet de boue" que seraient les réseaux sociaux. L'affaire Griveaux montre combien la régulation des réseaux sociaux est un impératif de survie démocratique. Que certains parlementaires qui ont encore des pudeurs de gazelle à l'idée de fermer ce robinet de boue aient enfin le courage d’agir avec @LaetitiaAvia ! La perspective enchante l'éditorialiste Christophe Barbier, qui a osé sur France 5 prendre comme modèle… la Chine communiste. Moquant "la tiédeur et la pusillanimité des politiques" qui s'inquiètent pour la liberté d'expression, le journaliste s'est étonné : "Les Chinois arrivent à bloquer tous les mots qui parlent de démocratie, pourquoi nous on n'arrive pas à bloquer tous les mots qui franchissent la loi ?" La consigne est claire. Elle passe à côté d'un petit détail : les mésaventures de Benjamin Griveaux ont démarré à partir de la mise en ligne de vidéos et de photos… sur un site Internet créé au Canada, et non un réseau social.Introuvables "fake news" La sortie de Gilles Le Gendre, a un peu plus confirmé l'impression de ces derniers mois : les partisans du président Macron ont une forte tendance à utiliser le terme de "fake news" pour désigner des faits qui leur déplaisent, davantage que pour brocarder des informations erronées. Le chef des députés LREM a ainsi appelé sur LCI à "mettre un cadre juridique afin de lutter contre les fake news en période électorale", en réaction à l'affaire Griveaux… qui s'appuie pourtant sur des éléments bien réels, aussi scabreux soient-ils. De quoi réveiller les inquiétudes suscitées par la loi contre les fake news, qui confie à une autorité d'Etat, le CSA, le soin de contrôler les plateformes Internet et de suspendre les sites d'information colporteurs de "fausses nouvelles" (sur quels critères ?) en période électorale.Expulsion en Russie : la convergence avec le RN ?

Renvoyer manu militari un réfugié dans son pays d'origine, même s'il y est menacé physiquement ? On parierait que l'idée émane d'un cadre du Rassemblement national, mais c'est bien le député LREM Bruno Questel qui l'a émise sur LCI au sujet de Piotr Pavlenski : "Il est réfugié politique, il se comporte comme un salopard, a tranché le parlementaire. S'il y a une première chose à faire, c'est de le mettre dans un avion direction la Russie !" Piotr Pavlenski "Qu'on foute ce mec dehors ! Il est réfugié politique, il se comporte comme un salopard. S'il y a une 1ère chose à faire c'est de le mettre dans un avion direction la Russie et il verra avec Mr Poutine s'il peut faire ce genre de connerie" tranche @BQuestel.#CVR N'en déplaise à l'élu de l'Eure, il paraît difficile de faire varier les règles du statut de réfugié en fonction de la sympathie qu'inspire au pouvoir tel ou tel bénéficiaire. En la matière, les règles sont claires : Piotr Pavlenski n'a pas fait allégeance à la Russie ni fraudé les règles, il ne représente visiblement pas une "menace grave pour la sûreté de l'Etat"... et la condamnation pénale qu'il risque pour la diffusion des vidéos est de deux ans d'emprisonnement, soit huit ans de moins que la peine nécessaire pour justifier une expulsion. Impossible donc de "foutre dehors" l'activiste en l'état actuel des lois. Mais peut-être les députés LREM veulent-ils les rendre plus restrictives ?

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